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 A l’heure de la mondialisation, le secteur des télécommunications a connu un boom sans précédent depuis ces cinq dernières années. Longtemps considéré comme un outil de luxe, Internet a profité de l’occasion pour se démocratiser. Actuellement, Madagascar recense environ 15.000 abonnés Internet.
La majorité de ces utilisateurs sont des entreprises qui ont recours à des connexions permanentes soit par VSAT, soit par BLR. Le marché d’Internet, car il y en a un, est aujourd’hui qualifié de bipolaire, car dominé par deux ISP que sont Data Telecom Service (DTS) et Blueline. L’historique d’Internet à Madagascar remonte à l’année 1995, où une dizaine d’Internet Service Provider (ISP) ont été autorisés par l’Etat à opérer à Madagascar. Les ISP basaient alors leur système sur le réseau téléphonique commuté (RTC). Un système à bas débit, indépendant du réseau Telma. La vraie révolution dans le secteur remonte à 2001, lorsque l’Etat a lancé des licences d’opérateurs Internet.
Du système RTC, la plupart des providers sont passés à la technologie boucle locale radio (BLR). Bon nombre d’ISP y ont laissé leurs plumes, car des dix premiers recensés en 1995, seuls six (DTS, Blueline, Simicro, Orchid, Gasy Online et Basic) ont pu continuer l’aventure. En juillet 2003, Distacom, associé à la Financière de l’Océan Indien (FOI), à Global Telecom et à Madagascar Telecom, achète 34,4% des actions de Telecom Malagasy (Telma). La firme rachète ensuite les 34,4% de part détenus par France Câble Radio, et devient actionnaire majoritaire de Telma à hauteur de 68%. Un événement qui aura son lot de conséquence, car Telma est, ni plus ni moins, actionnaire à hauteur de 49% du capital de DTS. Les autres actionnaires étant France Câble Radio (49%) et Ocean Trade Co (2%). Ainsi, si les petits ISP louaient leur access auprès de Telma à 50 millions de Fmg mensuel auparavant, la location est passée à 15.000 euros depuis le mois d’août 2005. Une hausse qui n’a pas manqué d’achever les petits ISP (qui sont d’ailleurs plus des revendeurs que des ISP) qui achètent leur accès auprès de Telma. Basic et Gasy Online ont donc mis la clé sous la porte, tout comme Orchid qui a revendu ses clients à DTS. Grosso modo donc, à l’heure qu’il est, DTS et Blueline (les seuls rescapés) se partagent le gros du marché, avec une part estimée à 65% pour DTS, et 35% pour Blueline. Mais si ces deux ISP ont pu résister, c’est sans doute parce qu’ils sont les mieux fournis. Et pour cause. D’une part, DTS et Telma ont des actions et des capitaux communs. De plus, ils disposent des licences Data et Voix. Mieux encore, les projets Backbone national et international sont déployés et gérés par Telma. Autant dire, que le duo DTS-Telma a toutes les cartes en main ! D’autre part, Blueline fait partie d’un groupe qui intègre la société Gulfsat. Gulfsat Téléphonie a obtenu le 30 novembre 2005 sa licence en téléphonie par réseau VSAT pour la desserte de 11 localités enclavées. Mais attention, car DTS possède également une licence VSAT. Succinctement donc, Telma fournit DTS pour ses accès Internet, et Gulfsat fournit Blueline. Mais le mastodonte du secteur reste bien sûr DTS qui a toutes les cartes. Blueline est son outsider. Simicro ne peut être un concurrent sérieux, dans la mesure où il n’est qu’un simple revendeur de services Internet. Aujourd’hui, la situation du marché d’Internet est toute simple, elle est ni plus ni moins, bipolaire. Il est, par ailleurs, intéressant de noter que Telma a lancé il y a un an et demi, la technologie ADSL. Une technologie intéressante mais qui a ses limites, dans la mesure où elle se base sur les lignes existantes (donc celles de Telma), qui sont loin d’être en très bon état. Et lorsqu’on sait que l’ADSL a 95% de réussite sur un réseau flambant neuf ! D’où l’intérêt du backbone national.
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